L'institut d'études scandinave Panos a rendu publique une étude dans laquelle il explique que la présence d'Internet creuse le fossé entre les pays les plus riches et les pays les plus pauvres. L'idée n'est pas vraiment nouvelle, mais le fait qu'Internet ait sérieusement accéléré le processus l'est. Les chiffres d'ailleurs sont éloquents puisque seuls 9 pays africains par exemple sont accrochés au réseau (d'après cette étude).
Le moteur principal de cette différence se trouve dans le prix des modems. Ceux qui connaissent les prix américains (un 14 400 est à 200 FF actuellement) comprennent immédiatement pourquoi les États-Unis dominent le réseau. Les autorités gouvernementales exerçant un contrôle sur les ventes des modems dans leurs pays respectifs ont contribué au ralentissement général et sont en fait directement responsables de l'abêtissement de leurs concitoyens. Un modem/fax à 9600 qui ne coûte plus aux USA que 19 dollars se paie toujours 300 dollars dans les pays sous-développés… Certes, ce n'est pas le seul facteur. Il en est de même pour les prix des ordinateurs eux-mêmes.
Si on stigmatise la démonstration, on découvre par exemple que tous les sites iraniens sont directement contrôlés par le gouvernement et que, comme par hasard, ce sont les départements de Chimie et de Physique de l'Université de Bagdad qui bénéficient des lignes… Idem pour les Serbes qui n'ont pas hésité une seule seconde à utiliser Internet et Compuserve comme outil de propagande.
Selon l'institut scandinave, 70% des PC – 3,4 millions – connectés sur le réseau sont installés sur le continent nord-américain, alors que 500 000 seulement se trouvent en Europe, 16 000 sur le continent sud-américain, 13 800 au Moyen-Orient et 27 000 dans toute l'Afrique…
Et comme 1) rien ne peut arrêter le rouleau compresseur Internet, 2) les dictateurs n'ont aucune envie de laisser leurs administrés avoir un accès libre aux informations, 3) les budgets sont inexistants, le fossé va continuer à grandir, tranquillement, jusqu'au jour où on finira par inventer le seuil de pauvreté de l'information.
Guère encourageant pour l'avenir.
ET INTERNET VA NOUS RENDRE PLUS IDIOTS…
Ça, il y a longtemps qu'on s'en était rendu compte, mais la démonstration vient d'être donnée par Jim Willis, professeur de journalisme à l'Université de Memphis.
Selon lui, Internet a déjà baissé le niveau de la qualité des informations, niveau qui ne cessera de baisser. Associé à cela la multiplication des sites qui relaient ces inepties et on obtient un tissu mondial de sites qui ne diffusent que des âneries… (je résume le pavé de 200 pages).
L'analyse est dure, mais exacte. Plus de 80% des informations sur Internet sont des infos de troisième main lorsqu'elles ne sont pas totalement erronées ou inventées.
Exemple parmi tant d'autres : il m'a fallu lire tous les jours une centaine de messages dans une dizaine de « newsgroups » pour décrocher, au bout de trois semaines, une malheureuse pépite d'or, soit vingt fois plus de travail/temps par rapport à ma méthode traditionnelle (informateurs et téléphone). Je n'ai pas abandonné, mais cela n'a aucun intérêt notable.
Ensuite, Internet oblige les abonnés à se regrouper par affinités. Mais Jim Willis entend par là par « affinités culturelles », c'est-à-dire que les Blancs par exemple avec un certain niveau d'éducation et par conséquent de vocabulaire se regrouperont sur un site qui ne plaira pas à un Noir ou à un Blanc avec un vocabulaire plus limité… On trouvera donc des rassemblements non pas par affinités, mais par niveau de vocabulaire !!
Cette constatation lui permet d'affirmer qu'Internet abaissera le niveau général (la TV y a sacrément contribué, mais si Internet s'y met également on n'est pas sortis de l'auberge…) ainsi que la fiabilité des informations.
Pas plus encourageant.
PIERRE
JOVANOVIC