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    Dédicace à DAMMARIE LES LYS samedi 26 sept 2026 Centre Culturel Leclerc 544 Av. André Ampère de 14h à 18h environ    
Titre PJ 2021
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dans un 2e onglet

quotidien de paris

[ Quelques articles écrits soit dans le Quotidien de Paris (80%), soit sur le système Missive de France Câbles et Radio, entre 1991 et 1996. Notez que le protocole de courrier électronique de l'époque n'acceptait pas les accents (NOTE: ils ont été reaccentués par l'IA de Deep Seek en juin 2026). Ils sont livrés ici tels quels, sans SR et certains sans accents, à titre de documents historiques, et aussi pour retrouver l'ambiance des années 90 ]



DATE 1991

LE BOUT DE CERVEAU QUI REND HOMOSEXUEL

Simon Le Vay, neurobiologiste réputé pour son sérieux, est homosexuel et ne s'en cache pas. C'est d'ailleurs ce qui l'a motivé dans sa recherche: "pourquoi devient-on homosexuel" après avoir perdu son ami l'an passé, emporté par le SIDA.

determination de l'homosexualite


DE NOTRE CORRESPONDANT AUX ÉTATS-UNIS PIERRE JOVANOVIC

Avant d'aborder ce sujet le Dr Levay travaillait sur le "interstitial nuclei" qui se trouve dans la zone antérieure de l'hypothalamus, zone baptisée INAH 3 identifiant un minuscule bout du cerveau qui contrôle l'activité sexuelle chez les animaux. Roger Gorski de l'université californienne de Los Angeles (UCLA) avait démontré ensuite que chez les hommes la zone INAH 3 est deux fois plus importante que chez les femmes. Résultats à partir desquels Simon Le Vay a orienté sa recherche en se demandant s'il y avait une différence entre l'INAH 3 des homosexuels et celui des hétérosexuels. Pour vérifier son idée, il s'est procuré 41 cerveaux prélevés sur des cadavres sans connaître les raisons des décès. En examinant minutieusement la région de l'INAH 3 de chacun de ces cerveaux, Simon Le Vay a découvert que si l'INAH 3 était effectivement deux fois plus important chez les hommes que chez les femmes, certains INAH 3 masculins étaient de la même taille que ceux des femmes.

En recoupant ensuite ses résultats avec les informations disponibles sur les cadavres (19 étaient ceux de jeunes homosexuels morts du SIDA, 16 d'hommes et 6 de femmes supposés hétérosexuels) et effectuant une nouvelle comparaison, le Californien a estimé qu'il détenait un début de preuve de la détermination biologique de l'orientation sexuelle de l'Homme.

Toutefois, et Simon Le Vay est formel à ce sujet, la taille de l'INAH 3 ne dépend pas du SIDA, ni n'est modifié par cette maladie. En revanche, on ne sait toujours pas si la zone de l'INAH 3 des lesbiennes est encore plus petite que l'INAH 3 d'un hétérosexuel, le scientifique n'ayant pas pu se procurer de cerveau d'une lesbienne puisque d'une part leur nombre est largement inférieur à celui des homosexuels et d'autre part, les lesbiennes ne sont pas vraiment atteintes par le virus SIDA.

Depuis sa découverte sur la possibilité de la détermination de la préférence sexuelle chez les hommes, le Dr Simon Levay est submergé de courrier et de milliers d'appels téléphoniques du monde entier. Le résultat a donné l'espoir à des millions d'homosexuels d'être enfin reconnus comme normaux au lieu d'êtres considérés comme des malades mentaux. Le Quotidien l'a rencontré dans son laboratoire de recherches du Salk Institute de San Diego pour expliquer l'INAH 3.

QUOTIDIEN: Quelle est la taille de cette partie de l'hypothalamus, baptisé INAH 3 ?

Simon Levay.: C'est un grain de sable, de moins d'un millimètre. Un minuscule bout du cerveau qui se trouve à côté de l'hypothalamus.

Q: Comment savez-vous que cette zone contrôle l'activité sexuelle ?

S.L.: Grâce aux expériences qui ont été faites sur les singes et sur les rats. Si on provoque une lésion dans cette zone précise, le singe ne s'intéresse plus à la copulation; curieusement, il continue à se masturber mais il n'a plus envie de s'accoupler. Nous n'avons pas de données sur l'activité précise de l'INAH 3 sur l'Homme, c'est impossible. On ne sait pas quelles pourraient en être les répercussions car si l'on abîme cette partie, cela veut dire que tout sera détruit alentour, y compris l'hypotalamus. En revanche, nous avons placé des électrodes dans cette zone chez les singes et on a enregistré une activité électrique intense juste avant et surtout pendant la copulation et ce jusqu'à l'éjaculation. Après celle-ci, les électrodes n'enregistraient plus rien, la zone devenait inactive. Mais nous n'avons pas de correspondance réelle entre le cerveau du singe et celui de l'homme, c'est juste des suppositions qui semblent être exactes. Avec les rats, on arrive à un résultat identique. On suppose également que la testostérone joue aussi un rôle important.

Q) Alors comment avez-vous distingué l'INAH 3 d'un homosexuel ?

S.L.: J'ai travaillé au microscope sans savoir à qui appartenaient les tissus. Les recoupements ont été faits après. L'INAH 3 d'un homosexuel se distingue par son volume variant entre 0.00 et 0.05 millimètres cubes alors que celui d'un hétérosexuel varie entre 0.1 et 0.2 millimètres cubes. J'insiste sur le fait que le SIDA n'intervient en aucun cas sur cette zone car sur les 41 tissus différents, j'ai pu comparer deux cas morts du SIDA: le premier était celui d'un homosexuel et le second celui d'un drogué, mais hétérosexuel. On retrouvait exactement la même différence dans les volumes.

Q) Pensez-vous qu'à terme vous puissiez aller plus loin, par exemple localiser les secteurs qui contrôlent les fantaisies sexuelles ?

S.L.: Oui, je pense qu'on trouvera sans doute un jour des zones organisées du cerveau de type INAH qui activent le désir sexuel dans des cas précis, à l'arrière de l'hypothalamus, des secteurs qu'on pourrait baptiser obsessionnels. Attention, en termes de désir sexuel, on sait à peu près où cela se trouve mais pas comment cela se passe. On trouvera aussi le profil de l'agressivité qui se situe vers les amygdales, celui des émotions, etc...

Q: Alors selon vous s'agit-il d'une détermination biologique vers l'homosexualité, un peu comme la détermination d'être gaucher ?

S.L.: J'aime bien cette analogie parce qu'elle colle parfaitement à mon résultat. Je suis homosexuel et j'ai souvent demandé à mes amis quand ils ont découvert leur homosexualité. Certains m'ont dit qu'ils le savaient depuis la maternelle. On ne sait pas ce qui se passe dans le cerveau. Dans le cas des vrais jumeaux par exemple, on a vu des exemples où le premier était homosexuel et le second hétérosexuel. C'est également un aspect génétique. Peut-être que pendant la grossesse, un stress de la mère affecte cette partie du cerveau. C'est une supposition. Mais, dans les expériences sur les singes, si la mère a été stressée, les bébés devenus adultes copulent nettement moins que les autres, mâles ou femelles...

Q: Que faites-vous des explications freudiennes ?

S.L.: Si on accepte la détermination de la préférence sexuelle, cela donnerait une explication au comportement des jeunes garçons avec leur père. L'explication du père fort, du père hostile amenant le garçon à ne plus pouvoir se détacher de sa mère, etc.. c'est typiquement freudien. S'il y a détermination, cela oriente également les futures relations du garçon avec son père. En plus, l'expérience joue un rôle considérable dans le développement du cerveau. Par exemple j'ai travaillé avant sur les systèmes optiques: si vous fermez l'œil d'un bébé singe à sa naissance, les tissus associés du cerveau se développeront différemment.

6) Comment allez-vous diriger vos travaux maintenant?

Roger Gorski a été le principal scientifique qui a démontré le rôle des hormones dans le développement du cerveau. Laura Allan a trouvé la zone qui distingue un cerveau féminin du masculin dans cette région. Ses résultats ont donné naissance à mes recherches. je vais axer mes travaux sur les neurotransmetteurs de cette zone du cerveau.

Q: Avez-vous eu des réactions d'Églises ?

S.L.: Les religieux voient dans l'homosexualité un péché. En revanche, l'Église Catholique n'a jamais condamné les gays. Elle condamne simplement l'acte... ce qui est stupide. Si ma découverte était confirmée par d'autres scientifiques, j'espère que cela nous apportera un peu plus de tolérance. Les homosexuels représentent quand même 5% de la population.



Pr ROGER A. GORSKI:

(Department of Anatomy and Cell Biology, UCLA):

LA DÉTERMINATION DE L'HOMOSEXUALITÉ RESTE À PROUVER

QUOTIDIEN: Que pensez vous de la découverte du Dr Levay ?

R.G.: Ce n'est pas vraiment une surprise car cela fait des années qu'on travaille sur cette zone avec des rats et des singes. Pour ma part, je me suis toujours appliqué aux rats. On sait qu'au départ, le cerveau est globalement féminin et que ce sont les hormones qui définissent son véritable sexe. Chez les singes, c'est pareil et on peut supposer qu'il en est de même pour hommes. Mais c'est le cerveau qui contrôle les hormones. On peut voir deux choses: d'abord la détermination sexuelle et ensuite celle de la préférence sexuelle. Mais cette zone est tellement minuscule qu'il faut aller plus loin. Si l'INAH 3 de l'homme est plus petit que celui de la femme, on sait aussi que la zone qui interconnecte le cerveau gauche au droit est plus gros chez la femme que l'homme. Une chose est certaine sur les rats, leur sexe dépend entièrement des hormones ce qui n'est pas le cas chez l'homme puisque c'est le cortex qui contrôle la fabrication d'hormones. Lorsque les rats ont une envie de copuler, ils ne se gênent pas. Mais si vous avez une érection au cinéma, vous n'allez pas passer à l'acte tout de suite avec votre voisine parce que vous savez que c'est interdit. C'est toute la différence entre les animaux et l'Homme.

Q: Êtes-vous d'accord avec Simon Levay ?

R.G.: Oui pour le constat de la différence, mais pas pour la détermination et il ne l'a pas encore prouvé. On a trouvé quatre zones INAH et tout procède d'un recoupement entre les différentes recherches. Le Dr Levay a travaillé sur ces quatre zones mais il n'a trouvé de différence que dans la zone 3. Par ailleurs, je ne pense pas que 41 cerveaux soient suffisants pour établir une preuve de ce type et le Dr Levay a été assez prudent dans son communiqué. Pour ma part, je ne pense pas que la détermination de la préférence sexuelle provienne de cette zone car on ne connaît pas l'influence des hormones. L'INAH 3 peut parfaitement indiquer l'homosexualité mais pas sa cause, c'est très important. Personnellement, j'aimerais connaître le rôle des hormones dans ce secteur, combien de nerfs sont impliqués, le rôle des différents secteurs, etc.. Nous avons réalisé des tests sur les rats: si vous castrez un rat il devient femelle mais son cerveau reste mâle. Or il existe une différence majeure entre les gays et les transsexuels: le transsexuel veut se débarrasser de son pénis car il se sent femme, ce qui n'est pas vraiment le cas des gays qui restent hommes.

Propos recueillis par Pierre Jovanovic

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14:04:29 Wednesday 9-Sep-2026